
Retrouver
le goût originel, celui du vin avant la crise du phylloxéra, un vin de
terroir, de territoire, un vin authentique loin des modes, des
prétentions déplacées, des investisseurs sans âme.
Faire un vin
authentique.
C’est le destin de Loïc Pasquet, enfant heureux, pas
caractériel, qui passe ses vacances en liberté, aime le goût de ces
produits sains qui de nos jours ont perdu leurs valeurs.

Une bonne cuisine et un jeune Loïc qui adolescent se lance dans une
collection de vin alors qu’il n’y a pas internet ou autre réseau social
imbécile.
Il conserve sans savoir qu’il ferait un jour du vin, alors que
l’ère industrielle a déjà ravagé les vignobles.
Au début des années 90, il étudie et sillonne les vignobles.
En
Bourgogne il a le déclic, la vigne le transcende.
Pas de vin de lieu à
Bordeaux contrairement à Pomard, Meursault.
Que du vin de masse,
uniformisé, alors qu’autrefois Bordeaux, au XIXe siècle, avait une
réputation encore mieux établi. Pasquet décide que sa mission va être de
tenter de retrouver le vrai goût des vins de Bordeaux.

A partir de là, c’est à une leçon démonstration qu’on assiste au fil des
pages.
Histoire, coupe et taille, greffes qui font augmenter les
volumes, mulet à la place des machines, des rencontres avec des
vignerons authentiques mais aussi jalousie, diktat des appellations, il
sera sur tous les fronts Loïc Pasquet avec courage et détermination.
Un
vigneron n’est pas un viticulteur, la différence c’est qu’on ne peut pas
décider de viticulture dans des collèges lointains et décalés.

Un pavé
dans la mare, au moins en BD, car le sort des cuvées Liber Pater, nom du
dieu Bacchus donné par Loïc Pasquet à ses vins, est du domaine du
succès haut de gamme.
Une bouteille se vend plus cher que du Petrus.
Son
2007 est considéré comme le meilleur du marché.
Première victoire.

Pas
d’engrais, de désherbants, tri manuel du raisin mis en amphore, une
offre rare et limitée, Loïc Pasquet sera accusé injustement de tricher,
condamné et finalement acquitté.
Son vin, son Liber Pater Graves est le
plus cher des Bordeaux, il a atteint plusieurs milliers d’euros la
bouteille.
Et oui mais la lutte n’est pas finie.
Un album indispensable
qui se lit d’une traite pour mieux comprendre enjeux et objectifs pour
un vin retrouvé.
Très belle mise en perspective par Horne au dessin.
A
noter que le Liber Pater est désormais le vin le plus cher du monde.